Longer Orange 10 en test : précision redoutable à moindre coût

Enfin ! J’attendais de pouvoir réaliser ce test depuis des mois, c’est finalement chose faite. Je vous présente aujourd’hui une imprimante résine à bas coût : la Longer Orange 10.

Présentation

La Longer Orange 10 est une imprimante 3D de la famille SLA, pour Stéréolithographie, en opposition avec les imprimantes FDM, pour Dépôt de filament fondu. Ces imprimantes fonctionnent sur le principe de la polymérisation : la résine est exposée à une lampe qui la fait durcir couche après couche, pour former un modèle complet.

longer orange 10

De façon plus détaillée, la résine repose dans un bac dont le fond est transparent, et laisse donc passer la lumière de la lampe à UV qui se trouve en-dessous. Cette lampe est surmontée d’un écran LCD, et l’image diffusée sur cet écran laissera ou non passer la lumière sur certaines zones. Le plateau, qui supporte le modèle imprimé, va remonter couche après couche, pour révéler le modèle terminé.

L’avantage principal de ce type d’imprimante, c’est bien entendu la qualité et la finesse des modèles imprimés, puisque la précision descend à 20 microns, soit des couches 5 fois plus fines que la plupart des imprimantes FDM. La précision est telle que c’est tout juste si on arrive à distinguer les couches. Ce genre d’imprimante est ainsi particulièrement indiquée pour l’impression de figurines.

longer orange 10

Les inconvénients, en revanche, sont le post-traitement, nous le verrons plus loin, ainsi que le nettoyage et les précautions relatives à la sécurité, nous en parlerons également un peu plus loin.

Rapide unboxing

Je déteste les unboxing, mais je ne peux passer à côté, notamment du contenu de la boîte. Niveau protection, aucun souci à se faire, c’est bien protégé, il n’y a vraiment rien à dire. Du côté du contenu, voici ce qui est inclus :

  • l’imprimante (sans blague)
  • des plaques en acrylique orange pour le capot
  • l’alimentation
  • une carte micro-SD et son lecteur
  • des filtres à résine
  • des gants
  • des cartes à jouer
  • une spatule
  • des élastiques
  • des clés Allen
  • des cales pour le montage du capot

Contrairement à sa grande soeur, point de flacon de résine fourni, ni de film de remplacement pour le bac, il faudra donc penser à en acheter séparément. J’ai trouvé ça un peu dommage de ne pas fournir ces éléments, et j’imagine que cela puisse être frustrant de recevoir l’imprimante sans son matériau. Fort heureusement pour moi, Longer a mis à ma disposition un flacon de résine afin de me permettre de mener le test à bien.

Du côté des caractéristiques, voici ce que l’on peut retenir :

  • Volume d’impression : 140x98x55 mm
  • Taille de l’imprimante : 170x170x360 mm
  • Définition de l’écran : 854×480 pixels
  • Commande via écran tactile de 2,8 pouces

Mise en service

Tout commence par le montage du capot. En effet, cette imprimante est fournie avec un lot de plaques en acrylique qu’il conviendra d’assembler pour former le capot. C’est l’un des éléments qui font que le prix de cette imprimante soit autant tiré vers le bas. C’est quand même une bonne petite galère à monter, le plus pénible étant le retrait des papiers de protection sur les plaques, opération qui m’aura pris à elle seule un bon quart d’heure. Le montage est assez fastidieux, et c’est selon moi le gros point noir de cette imprimante. Autant dire pas grand-chose, puisqu’on ne le fait qu’une fois.

On procède ensuite au montage du plateau sur la potence de l’axe Z. C’est vraiment l’opération la plus simple. Une grosse vis moletée, et le tour est joué. On va alors pouvoir faire la mise à niveau du plateau. Cette opération permet d’assurer la qualité de la première couche. Il suffit d’enlever le bac, de desserrer les 4 vis du plateau, de poser une feuille de papier sur la vitre de la lampe, puis de faire un homing du plateau via l’écran tactile. Le plateau va alors venir gentiment se poser sur la feuille. On serre les 4 vis, on remonte le plateau, on remet le bac, opération terminée.

Ceci fait, on va pouvoir mettre la résine dans le bac, après avoir procédé à une vérification du serrage des vis de maintien du film, afin d’éviter toute fuite de résine. On passe ensuite à la partie logicielle.

Le slicer

Comme toute imprimante 3D, on aura besoin d’un logiciel de tranchage, appelé ici Longerware, et d’un modèle à imprimer, au format STL. On importe le modèle dans le slicer, et on suit les étapes. On est vraiment pris par la main : d’abord on va positionner le modèle sur le plateau, ensuite vérifier l’intégrité du modèle, et le réparer le cas échéant, puis générer les supports, définir les réglages généraux (temps d’exposition, vitesses de déplacement), puis sauvegarder le modèle sur la clé.

longerware

Certains diront que le logiciel est un peu limité, notamment concernant la gestion des supports. Longer y a pensé et fournit également un autre slicer, Chitubox, qui offre davantage de souplesse, ainsi que le mode Hollow, qui permet d’évider un modèle afin d’économiser la résine. En effet, de base les modèles imprimés sont pleins, contrairement à une imprimante FDM. Cette option sera donc particulièrement bienvenue sur des modèles de plus grande taille. Attention cependant, il conviendra d’exporter le résultat au format STL pour le réimporter dans Longerware, l’imprimante n’acceptant que les modèles sortant de ce slicer (dommage).

chitubox

On peut alors mettre la carte dans l’imprimante et lancer l’impression.

Résultats

J’ai pour ma part procédé à plusieurs tests, dans deux finesses différentes, 50 microns et 25 microns. Pour la différence de qualité, et sauf à faire de la toute petite figurine, le 50 microns suffira, et vous économisera bien du temps. J’aime particulièrement le fait, inhérent à ce type d’imprimante, que le temps d’impression ne dépend que de la hauteur globale de l’impression. Peu importe la surface, c’est la hauteur qui compte. On peut ainsi imprimer les modèles en petite série sans augmentation du temps nécessaire, contrairement à une imprimante FDM.

Une fois l’impression terminée, la nettoyer à l’isopropanol afin d’enlever l’excédent de résine, puis il faut lui faire prendre un bain d’UV afin de finaliser la solidification. Si vous n’avez pas de lampe à UV (ce qui est mon cas), un séjour prolongé sur le rebord de la fenêtre fera très bien le boulot, ce sera juste plus long.

Du côté du résultat, rien à dire, c’est propre, c’en est même étonnant ! Il faudra en revanche que je m’améliore sur la gestion des supports, et sur la meilleure façon de les enlever, c’est une discipline à part entière. En effet, la résine solidifiée devient assez cassante, et le retrait des supports a vite fait de laisser la place à des petits trous sur le modèle. Il conviendra de les mastiquer, puis de remettre un coup de ponçage. Sinon j’essaierai de couper mes supports plus loin, puis simplement de limer l’excédent. J’aime particulièrement le fait que la résine se ponce très bien, et qu’un petit nettoyage à l’alcool post-ponçage ne laisse même pas paraître les traces blanches qu’on peut observer sur du PLA.

Nettoyage et sécurité

C’est l’inconvénient de la résine : c’est un produit dangereux, qu’il convient de manipuler avec précaution. Équipements de protection sont de rigueur, et on prendra soin de ne pas utiliser l’imprimante dans un endroit trop confiné. En revanche, je m’attendais à une odeur plus prononcée concernant la résine, par rapport à ce que j’avais lu ici et là.

Une fois le travail fini, il faut nettoyer le matériel. On passe d’abord le plateau à l’alcool (mais ça en principe on le fait dès la fin de l’impression pour ne pas en mettre partout). On enlève ensuite le bac et on remet la résine restante dans son flacon, en prenant soin de bien la filtrer. Puis on passe le bac à l’alcool. Personnellement, j’utilise un pinceau afin de le préserver au maximum, puis je le sèche avec une microfibre, l’essuie-tout étant assez abrasif.

Conclusion

Je suis littéralement conquis par ce mode d’impression. La précision est redoutable, et une imprimante de ce style est un parfait complément pour une imprimante FDM. J’aime un peu moins le côté nettoyage (ça c’est mon côté fainéant qui parle), mais faisons contre mauvaise fortune bon coeur : le jeu en vaut vraiment la chandelle.

Disponibilité et prix

L’imprimante Longer Orange 10 est disponible chez Amazon au prix de 209,99€ et sur Aliexpress au prix de 159$.

Laisser un commentaire