A la découverte du scanner Ciclop 3D

J’ai reçu il y a quelque temps un objet que je voulais tester : un scanner 3D. Il s’agit du Ciclop, projet open-source vendu en kit chez divers revendeurs, dont mon partenaire Gearbest qui a mis celui-ci à ma disposition. Je voulais voir ce que ce genre d’objet avait dans le ventre, et je dois dire que c’est une déception qui s’est transformée en défi, dans le bon sens du terme. Explications.

Présentation du kit Ciclop 3D

Le kit arrive dans un carton sans soin sur le packaging, aucun logo, rien de spécial, mais les éléments sont vraiment protégés. En même temps, on ne peut pas dire qu’il y ait grand-chose de fragile là-dedans. On retrouvera donc les éléments en plastique pour les assemblages du corps, des lasers et de la base rotative, un gros roulement à bille, 2 lasers à mise au point variable, une webcam Logitech, et une feuille avec un damier (mal) imprimé dessus. Et c’est tout. Pas de notice, même pas une feuille volante, pas de clé USB, de carte mémoire, nada. Démerde-toi. Bon, première déception.

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Assemblage

Bon, il n’y a pas de notice, ok, mais s’agissant à la base d’un projet open-source, les vidéos d’assemblage ne manquent pas sur la toile, il y en a d’ailleurs une sur la fiche produit sur le site de Gearbest. L’assemblage est donc expliqué, mais dans les grandes lignes seulement. On verra plus loin qu’il manque quand même quelques détails cruciaux. L’assemblage se passe donc sans trop de problème, mais l’usinage des tiges filetées n’est pas des meilleurs.

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Du côté de l’électronique, les vidéos montrent une carte électronique que je n’ai pas su reconnaître, or le kit est vendu avec un Arduino Uno et un petit shield pour y brancher les moteur et les lasers. Les lasers sont polarisés, on devine aisément que le rouge correspond au + qui figure sur le shield. Concernant le moteur, aucune instruction, j’y suis donc allé au petit bonheur la chance pour découvrir plus tard (excusez mon ignorance) que les moteurs pas à pas ne sont pas polarisés : ils changeront de sens en fonction du sens de branchement. Bon, ça, c’est fait.

Utilisation

… et là, démerde-toi, le retour. En farfouillant, je découvre qu’il faut utiliser le logiciel open-source Horus. Je télécharge la version indiquée sur le site et commence à suivre les instructions : calibrage, et puis calibrage, et puis calibrage, zut, pas moyen de faire le calibrage. Et puis d’abord, pourquoi je ne vois pas les lasers ? Ah bon, il faut faire la mise au point ? Merci de me le dire, j’aurais jamais deviné (pour de vrai !). Mise au point faite, mes lasers tracent deux belles droites, mais calibrage toujours dans les choux. Il faut dire que le damier utilisé pour ce calibrage est tellement mal imprimé (je devine une photocopie de photocopie) qu’il va falloir que je trouve quelque chose de mieux.

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Le damier ré-imprimé

C’est sur le site Thingiverse que je trouve mon bonheur, car le pack y est dispo pour impression 3D, motif en damier fourni. Impression, nouvel essai, alleluiah ! Passons à l’étape suivante : le scan !

J’ai voulu tenter l’expérience avec mon Yoda, imprimé sur ma fidèle A8. Et pas moyen d’avoir un résultat. Mais alors, pas du tout ! Les points partent dans tous les sens, c’est méconnaissable. Et puis d’abord, pourquoi les options du logiciel ne sont pas les mêmes que sur le wiki ? Quoi ? Il existe une version 0.2 ? Merci de le dire. Téléchargement, installation, calibrage, et test de scan. Enfin quelque chose apparaît ! Mais c’est blindé de trous partout, inutilisable. A force de réglages, j’ai tout de même réussi à scanner un objet cylindrique, mais en utilisant un seul laser, car le résultat était faussé en utilisant les deux.

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Pour que ça fonctionne…

Voici donc ce que j’ai découvert pour que ce fichu scanner soit en mesure d’effectuer un scan correct :

  • Les surfaces transparentes et brillantes ne seront pas scannées. Mon astuce : un pinceau, de la fécule de maïs (ou du talc), et l’objet sera d’un beau mat bien visible par le scanner.
  • Le scanner ignore le noir
  • Utilisez un fond uniforme, noir de préférence
  • Les lasers doivent se croiser au centre du plateau.
  • Les lasers doivent être bien verticaux
  • L’éclairage doit être le plus uniforme possible. Je me suis fabriqué pour cela une lightbox, en carton, facile à fabriquer et efficace.
  • L’assemblage doit être le plus précis possible. La caméra doit être bien alignée avec l’axe de rotation, les lasers à égale distance de celle-ci et à égale distance du centre de rotation. Je n’ai pas mis en oeuvre cette dernière recommandation, mais il semble que ce soit indispensable pour un bon résultat.
Une lighbox rudimentaire, mais efficace !

Une lighbox rudimentaire, mais efficace !

En conclusion

Ce scanner est, par excellence, un joujou pour bidouilleurs. Aucun support, une communauté quasi-inexistante, il faut explorer, farfouiller, découvrir, deviner. Ce qui semble une galère au départ se transforme alors en défi, et la satisfaction de réussir à progresser est joussive, enfin, en ce qui me concerne. J’ai réussi à avoir un résultat encourageant, et je pense qu’en revoyant l’assemblage de mon scanner j’arriverai à réellement dupliquer des objets. Et je sais, pour l’avoir vu, que c’est possible, c’est bien pour ça que je persévère, sinon, croyez-moi, j’aurais lâché l’affaire !

En bref, ce scanner est disponible chez mon partenaire Gearbest pour un peu plus d’une centaine d’euros.